C'est le cri de la raison face à vos sentiments éviscérés.

 C'est le cri de la raison face à vos sentiments éviscérés.


Il le disait si bien, Musset, que les plus désespérés étaient les plus beaux. Comme
les baisers qu'on arrache à fleur de peau, ceux du soir qui font mal lorsqu'on ne
peut les rendre avant le matin blême.Comme les meurtres parfaits, avec l'aiguille
& les gants, qu'on cherche toujours sans le trouver jamais puisqu'ils ne peuvent
exister. Comme la haine si profonde que dans ses labyrinthes elle ne peut être
que voluptueuse, & donc agréable. Rien de plus doux que d'abhorrer quelqu'un.
Vouloir sa mort pour sentir les traces de ses doigts sur notre peau une dernière
fois, & gouter le sang au gout de métal cristallin. La douleur est un plaisir. Je
pense que chacun de mes coups doit être sublime, puisqu'ils font si mal.



& comment leur expliquer, que je tuerai
bien l'un pour n'appartenir qu'à l'autre ?
Ce plaisir là me ronge.


# Posté le mardi 20 mai 2008 15:29

Faire l'amour est synonyme de faire la guerre.

Faire l'amour est synonyme de faire la guerre.

Je n'ai jamais apprécié ta façon de me posséder qui, si violente & active qu'elle fut, n'en restait pas moins indifférente. Pourtant, je t'aimais. À l'imparfait & sans négation. Je te haïssais aussi. Laquelle des deux versions est vraie ? Aucune. La vérité tient en trois mots: je te méprise. Je méprise aussi toutes les petites phrases subtiles, les minuscules vengeances, les vraies déceptions calculées au pleur près, les faux espoirs, les promesses feintes, l'amour transformé en désastre, & puis ces nuits, brûlantes, écumantes, où je n'étais plus rien qu'à toi. J'ai le mépris facile, on me l'a dit souvent, mais certains soirs je m'endors en rêvant de Korsakov, la seule maladie où on vit heureux, béat. On oublie & on s'imagine une nouvelle vie. La mienne se passera de crépuscules & de matins sales. De toute manière sous les draps il fait nuit noire & c'est tant mieux. Ma vie sera amphygorique, magnifique, lascive, teintée au vitriol.
- Pour t'évincer, si jamais tu revenais. -





# Posté le jeudi 08 mai 2008 13:32
Modifié le vendredi 16 mai 2008 10:16

L'âme avide embusquée dans ses frondaisons n'a plus qu'à s'en aller seule retrouver ses pauvres anges.

L'âme avide embusquée dans ses frondaisons  n'a plus qu'à s'en aller seule retrouver ses pauvres anges.



Une seule lame de jade illumine l'horizon, sur quoi
les nuages semblent tenir par miracle. Deux étoiles
scrutent la brèche. De l'autre côté, le ciel est dessiné
au pastel rose dans la rouille d'arbres lithographiques.
Ce soir pourrait être d'émeute. On cherche des
armes. On en trouverait certainement. On n'a pas de
cause à défendre: rien que cette fureur, comme le ciel
glacial calciné au-delà de la forêt de grues.



J'écrirai des poèmes sur tout ton corps, à l'ombre de
la lampe de carbone bleu. Tu connais ces moments
de calme plat, où la volupté n'est synonyme que de
silence. Il faudrait un coup de revolver bien nu pour
déchirer ce sortilège. Nous. Ca tient dans un souffle.
& l'écho me répond comme un stéthoscope.
# Posté le lundi 05 mai 2008 16:37

Bang Bang, are you a myth ?

Bang Bang, are you a myth ?



Le blues de la princesse.

Je vous déteste, si seulement vous saviez comme je vous déteste. Il m'a fourgué une couronne en papier mâché, agrémenté de fausses émeraudes d'un vert douteux. Ah, comme je le hais.
& être obligée de dormir contre lui, de jouer l'agence matrimoniale en y mettant du mien. Il me dégoûte. Toujours bien coiffé, bien habillé, poli, gentil, attentionné. Autant de bons sentiments me donnent la nausée.
& son cheval blanc, parlons-en du cheval blanc ! Il me regarde avec ses yeux torves, la dernière foi j'lui est installé des cornes, ça faisait vache normande carshérisée. Demain je quitte votre foutue admiration pour ce névrosé. J'en peux plus de mon château tout rose, avec les tuiles bleues façon Polaroid fané.



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# Posté le lundi 28 avril 2008 17:10



- JE L'AIME. -

# Posté le jeudi 24 avril 2008 10:44

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