Lettre aux autres.
Je ne vous en veut pas. Pas la moindre animosité dans mes propos ou dans mes gestes, alors freinez-moi ces instincts larmoyants. Je suis partie délibérément. Ce n'est pas de votre faute, ne vous rongez pas l'acide de vos veines par culpabilité. Ce serait franchement inutile. Oubliez-moi, l'espace de quelques crépuscules. Dieu est ingrat, & dans le bénitier, son eau danse la polka; j'attends l'apogée des pas pour revenir. Je veux voir vos visages blêmes s'épanouir devant mon corps & mon visage, je veux un tableau de retour parfait, comme celui de l'Enfant Prodigue. Peut m'importe si ce retour se fait dans une voiture de milliardaire ou dans un cercueil, j'aurai vécu & mérité mon nom d'Éphémère.