En ce moment je me rends compte que j'ai idéalisé la vie et tout ce qui vas dedans, mais que tout ce en quoi je crois n'est qu' illusion. Je me sens comme cette pauvre idiote d'Emma Bovary.
Sûr qu'elle était en plein dedans elle, mais toi tu es plus fort, tu as su remonter. Regarde tes poignets, regarde les traces indélébiles que ces inepties t'ont laissées, tu voulait vraiment recommencer ? Je serai venue lécher ces souvenirs un peu trop douloureux. C'est le principe du souvenir, il faut quelqu'un pour te guérir de la question des illusions, tu te souviens ?
Tu voles haut dans le ciel et mes yeux ont peine à te suivre, mais au pied du cerisier les blessures cicatrisent plus vite, les larmes tombent plus fort et les miroirs se brisent : rien de ce que l'on voit n'est réel. Ainsi seule la toile des rêves me guérit tisseuse, et tu es la seule à me guérir ici haut.
Je suis la tisseuse, la tisserande des rêves c'est vrai, je suis a l'origine de tes plus beaux cauchemars catarsiques a l'évidence. Normal que mon rôle ai un double sens, que croyais-tu ? Tu sais, j'ai beau voler souvent les ailes se crament au soleil. Alors je tombe encore plus bas que les ombres, il en faut des efforts pour me faire retourner dans mon royaume de sakura. Elles me dégoutent celles-la d'ailleurs, avec leur bonheur a tout faire. Comme l'électroménager, elles viennent repasser et aspirer nos déboires.
Leur bonheur est la pire des illusions. Le notre ne dure que le temps d'une seconde hélas, et si ce bonheur dure, ce n'est alors que l'écho d'une lointaine paix intérieure... Le bonheur oui, c'est ce qui arrive quand on passe l'aspirateur : la poussière revient vite le ternir... alors il faut l'entretenir. Mais comment. Emma était plus forte pour s'endetter que pour faire le ménage en tout cas.
Encore elle ? Laisse-là de coté, ses secondes à elles ne valent pas une des nôtres. Nous avons les secondes les plus orgasmiques du monde, les plus belles, et ça personne ne pourra nous en guérir, c'est notre pathologie propre, notre ultime ascension.
Lui en noir. Moi en bleu.