Nous fumions tous les deux sous les nuages, il m'a dit que j'étais belle. Il mentait forcément.

Nous fumions tous les deux sous les nuages, il m'a dit que j'étais belle. Il mentait forcément.





"Pleurer, c'est la raison de marcher. Pas de vivre, puis vivre c'est marcher de toute manière. & courir, principalement se rétamer. Moi, je ne fais pas partie des filles douées. Je suis plutôt la fille qu'il faut pas. Une erreur. Moi, je tombe tout le temps, à chaque fois faut mettre des pansements sur les écorchures & soigner les hématomes, sinon ça saigne & c'est laid. Je ne compte plus tous eux qui m'ont relevée, tous ceux qui ont percé mes élucubrations, tous ceux qui m'ont lacérée. Tu verras, les larmes ça passe vite quand on a l'habitude de se noyer dedans. On a pas tous envie de mourir asphyxiés. On l'est suffisamment déjà, nos poumons sont aussi crasseux que nos veines. Il faut vivre. Vivre, tu comprends ? J'ai tellement attendu, j'ai cru que j'étais morte à force d'attendre. On a tous trop attendu. Maintenant, il faut se lever, marcher, saigner, cracher sur les inepties des autres & garder la tête haute. "

C'est peut-être ça qu'il faut leur dire,
à ceux qui n'y croient plus.

# Posté le mercredi 04 juin 2008 10:01

Trente-Deux.




Je cherche les mots durs, secs, ceux qui font mal,
la parole mitraillette que je n'ai pas.



# Posté le samedi 24 mai 2008 09:48

Faire l'amour est synonyme de faire la guerre.

Faire l'amour est synonyme de faire la guerre.




Je n'ai jamais apprécié ta façon de me posséder qui,
si violente & active qu'elle fut, n'en restait pas moins indifférente. Pourtant, je t'aimais. À l'imparfait & sans négation. Je te haïssais aussi. Laquelle des deux versions
est vraie ? Aucune. La vérité tient en trois mots: je te méprise. Je méprise aussi toutes les petites phrases
subtiles, les minuscules vengeances, les vraies déceptions calculées au pleur près, les faux espoirs, les promesses feintes, l'amour transformé en désastre, & puis ces nuits, brûlantes, écumantes, où je n'étais plus rien qu'à toi.
C
ertains soirs je m'endors en rêvant de Korsakov, la seule maladie où on vit heureux, béat, dans notre nouvelle vie. La mienne se passera de crépuscules & de matins sales. Elle sera amphygorique, magnifique, lascive, teintée au vitriol.
- P
our t'évincer, si jamais tu revenais. -


# Posté le jeudi 08 mai 2008 13:32

Modifié le samedi 24 mai 2008 09:25

Suite du numéro Dix-Neuf .

Suite du numéro Dix-Neuf .

Lettre à mon mari.


La première tu me retiens, la deuxième tu me laisses partir.
Aujourd'hui, c'est le bon, de jour. Je te laisse ma fille, tout . Que vas-tu faire ? Je vais m'en vouloir un peu, de partir en catimini. Mais ce remords sera de courte durée La vie me tend les bras. Le rideau s'est levé. Tu viens de me retenir, aujourd'hui même, la fois de trop ou la fois qui n'étais pas assez. Tu m'as fait mal au poignet à force de me retenir, il n'en fallait pas tant. Je suis un monstre de faiblesse sous ma carapace. Quel dommage que tu ne t'en sois pas aperçu avec le temps; le soir sous les draps noirs. Les clés sont sur l'oreiller. Je n'en aurai plus besoin.
Je ne sais pas si tu vas me manquer.


# Posté le mercredi 16 avril 2008 14:40

Modifié le dimanche 01 juin 2008 14:13

Rester sous le toboggan avec sa bière & ses rêves.

Rester sous le toboggan avec sa bière & ses rêves.





"Cette espèce d'ahurissement dans lequel nous nous réveillons
chaque matin. Rien ne confirme mieux que le sommeil est une
expérience authentique & la répétition générale de la mort.
Étrange aliénation. Le dormeur est un aliéné qui se croit mort."







J'ai aimé me sentir indifférente aux silences aériens, aux nuits
effaçables. Ma peau garde des traces indélébiles d'idéaux rapés,
& j'en arrive à sonder la profondeur sépulcrale du silence nocturne
avec une volupté vaguement nauséeuse, qui m'inspire quelque
inquiétude. J'imagine le futur, je me vois ternie dans ma minceur
de poète, admirant le cadavre de mes vingts ans. Je les vois se
jeter dans la particule, glacials, impertubables, suicidaires.
S'abandonner dans les valeurs interdites de l'oscilloscope
des sentiments. Je nous vois, faciles à vivre, alliant frissons
des bas-fonds, régime végétarien & anarchisme bourgeois.



# Posté le dimanche 13 avril 2008 09:19

Modifié le mardi 11 novembre 2008 11:43