Rester sous le toboggan avec sa bière & ses rêves.

Rester sous le toboggan avec sa bière & ses rêves.





"Cette espèce d'ahurissement dans lequel nous nous réveillons
chaque matin. Rien ne confirme mieux que le sommeil est une
expérience authentique & la répétition générale de la mort.
Étrange aliénation. Le dormeur est un aliéné qui se croit mort."







J'ai aimé me sentir indifférente aux silences aériens, aux nuits
effaçables. Ma peau garde des traces indélébiles d'idéaux rapés,
& j'en arrive à sonder la profondeur sépulcrale du silence nocturne
avec une volupté vaguement nauséeuse, qui m'inspire quelque
inquiétude. J'imagine le futur, je me vois ternie dans ma minceur
de poète, admirant le cadavre de mes vingts ans. Je les vois se
jeter dans la particule, glacials, impertubables, suicidaires.
S'abandonner dans les valeurs interdites de l'oscilloscope
des sentiments. Je nous vois, faciles à vivre, alliant frissons
des bas-fonds, régime végétarien & anarchisme bourgeois.



# Online seit Sonntag, 13. April, 2008 um 09:19

Geändert am Dienstag, 11. November, 2008 um 11:43

Le bonheur est quelque chose de diffus.

Le bonheur est quelque chose de diffus.



Je ne suis pas folle & pourtant. J'me sens comme le numéro zéro, tu sais celui que tu prends pour tout arrondir, sur lequel tu mises parce que bon, quitte à tout perdre autant avoir joué un joli truc. Je veux juste être adorée. C'est absolument divin pour l'ego. Que dis-je, c'est orgasmique. Ma vie est un casino. Je joue, je perds. Avant, je comptais tout sans le plus important des paramètres, je croyais que tout pouvait varier selon mes désirs mais j'ai découvert leurs limites. J'en ai vu plusieurs s'échouer comme ça sur les plages de la mélancolie. J'ne veux pas être de ces filles-là & j'me dirige comme elles vers la même apathie lascive dès que j'en ai le courage. Cela va me bousiller. Rien qu'hier j'ai eu envie de me mordre la langue jusqu'au sang. Il parait qu'on peut en crever. Hier j'ai perdu mon roi, je lui ai brisé le coeur. Le mien est à l'abri dans du papier cellophane sous mon lit, pas de risques qu'on me le détruise. De toute manière, les numéro nuls n'en ont pas.

A-t-on déjà vu un zéro de coeur ?



# Online seit Sonntag, 06. April, 2008 um 07:32

Geändert am Sonntag, 13. April, 2008 um 09:21

Nous vivons quelque chose de diaboliquement normal.

Nous vivons quelque chose de diaboliquement normal.
Elle descendit dans la cuisine chercher le reste de vodka, se l'enfila doucement. Elle suçotait son stylo plume en riant. Sa langue devenait bleue. Pas d'effaceur pour enlever ce truc baveux. Elle repensa à tout à l'heure, quand il était encore contre elle dans le lit, & sourit béatement. La couette glissait de ses épaules lentement, on aurait dit une caresse un peu trop parfaite. Elle haïssait la perfection.

Il me disait "Je suis tombée amoureux d'une femme. Adora, Nancy ou autre, c'est la même. Un milliard d'âmes dans un seul corps. Je les veux toutes, je les aime toutes. Je veux qu'elles deviennent miennes, Nancy C."

& dans mon rêve j'éclatais de rire, si fort que j'en hoquetais, mes joues se teintaient de rouge. Amoureux d'un milliard de femmes ? & puis quoi encore? Je me suis réveillée, j'avais froid, il pleuvait de l'acide sulfurique sur les vitres de ma chambre. Nancy C. J'ai pleuré.

# Online seit Freitag, 21. März, 2008 um 19:49

Geändert am Sonntag, 07. September, 2008 um 08:16

Hypocrite, menteuse, voleuse, jalouse, énervante, fatiguante, désespérante, désespérée, bornée, narcissique, prétentieuse, instable.

Hypocrite, menteuse, voleuse, jalouse, énervante, fatiguante, désespérante, désespérée, bornée, narcissique, prétentieuse, instable.


Je trouve le mot "égoïsme" absolument magnifique.


# Online seit Dienstag, 18. März, 2008 um 09:45

Geändert am Dienstag, 25. März, 2008 um 15:41

Je me regarde partir, m'abimer au loin, je retiens ma respiration.

Je me regarde partir, m'abimer au loin, je retiens ma respiration.



"Dis-moi, quelle sera l'arme de ton plus beau crime?"


Tu m'avais demandé ça, je m'en souviens encore. Au sortir du lit, alors que nous venions à peine de nous délier, & que je regardait les couleurs sales du petit matin. Je t'avais répondu par un de mes sourires affables . Moi, je savais. J'avais même envisagé de faire de toi ma plus belle victime. J'attendais le lever de rideau. J'admirais le pourpre du ciel & le comparais à celui qui trempait mes pieds. Personne ne savait, oh non personne n'a jamais su que le bourreau c'était moi. Mon mobile, c'était que j'aime faire le mal pour le mal, pour voir que moi ça ne me fait rien. Le soir, ils ont retrouvé un simple mot.
"Une aiguille. Je te descillerai les pupilles. Je regarderai ton sang couler et tes yeux devenir de pâles orbites. Pas besoin de foutre un coup de poing dans ta gueule d'ange. Ce sera tout & ce sera suffisant."



# Online seit Donnerstag, 28. Februar, 2008 um 16:15

Geändert am Samstag, 27. September, 2008 um 09:29